
Prière des Heures
3 novembre,
Mardi de la 31ème semaine
du Temps Ordinaire
Vigiles
Introduction
Dieu, viens à mon aide,
Seigneur à notre secours.
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit
pour les siècles des siècles. Amen. Alléluia
Hymne
O sacrosancta Trinitas,
quæ cuncta condens ordinas,
diem labori deputans
noctem quieti dedicas,
Trinité infiniment sainte,
qui fais toute chose avec ordre,
assignant le jour au travail
comme la nuit, pour le repos.
Te mane, simul vespere,
te nocte ac die canimus;
in tua nos tu gloria
per cuncta serva tempora.
Nous te chantons dès le matin,
comme la nuit et tout le jour,
garde-nous toi-même en ta gloire,
dès maintenant et pour toujours.
Nos adsumus te cernui
en adorantes famuli;
vota precesque supplicum
hymnis adiunge cælitum.
Toi, que nous voulons adorer,
humbles serviteurs, en prière,
permets que nos désirs, nos voeux,
se joignent aux hymnes du ciel.
Præsta, Pater piissime,
Patrique compar Unice,
cum Spiritu Paraclito
regnans per omne sæculum. Amen.
Nous te louons, Dieu de bonté,
par Jésus-Christ, ton Fils Unique
Dans le souffle de l’Esprit Saint
régnant sans fin et à jamais. Amen.
Psalmodie
Psaume 41-42 (h 42-43)
Comme une biche aspire après l'eau vive,
ainsi mon âme aspire vers toi, mon Dieu !
Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant ;
quand pourrai-je paraître en présence de Dieu ?
Jour et nuit, je me nourris de larmes,
à force d'entendre : « Où donc est-il, ton Dieu? »
Je veux évoquer mes souvenirs,
pour épancher la douleur de mon âme:
Je m'avançais dans le lieu saint, †
conduisant le cortège à la maison de Dieu, *
parmi les cris de joie et les acclamations,
dans le tumulte d'un peuple en fête.
Pourquoi te désoler mon âme ? Pourquoi gémir sur moi ?
Espère en Dieu : je le louerai encore,
lui, mon salut et mon Dieu.
L'eau du ciel et la mer se répondent
dans le fracas de ton déluge ;
la masse de tes flots et de tes vagues a déferlé sur moi.
Mon âme est désolée ; alors, humble colline de Sion,
près du Jourdain et de l'Hermon, je songe à toi.
Le jour, j'attends le Seigneur, et la nuit, son amour ;
mon chant solitaire implore le Dieu de ma vie.
Je dis à Dieu, mon Rocher : « Pourquoi m'oublier ?
Pourquoi me laisser dans la peine,
harcelé par mes ennemis ? »
Les sarcasmes de mes adversaires m'ont brisé ;
sans cesse ils me répètent : « Où donc est-il, ton Dieu ? »
Pourquoi te désoler, mon âme ? Pourquoi gémir sur moi ?
Espère en Dieu : je le louerai encore,
lui, mon salut et mon Dieu.
42/1 Justice, ô mon Dieu ! †
Prends ma défense contre ce peuple sans pitié ! *
Délivre-moi du fourbe malfaisant !
C'est toi, mon Dieu, qui es ma force ! †
Pourquoi me repousser ? *
Pourquoi me laisser dans la peine, harcelé par mes ennemis ?
Envoie ta lumière et ta vérité, †
qu'elles soient mon guide ! *
Pour me conduire à ta sainte montagne,
jusqu'à ta demeure.
Et j'irai vers l'autel de Dieu, †
vers Dieu qui est ma joie ; *
j'exulterai, je te louerai sur la cithare, Seigneur, mon Dieu !
Pourquoi te désoler, mon âme ? Pourquoi gémir sur moi ?
Espère en Dieu : je le louerai encore,
lui, mon salut et mon Dieu.
Psaume 37
Seigneur, ne mets pas tant de colère à me punir,
tant de fureur à me châtier !
Tes flèches m'ont transpercé,
ta main s'est abattue sur moi.
Rien n'est sain dans ma chair, sous l'effet de ton courroux,
rien d'intact en mes os, à cause de mon péché.
Plus haut que ma tête s'accumulent mes fautes ;
c'est un fardeau trop lourd pour moi.
Mes plaies sont puanteur et pourriture ;
voilà le résultat de ma folie !
Je suis prostré, à bout de force ;
jour après jour, ma vie se traîne.
La fièvre m'envahit,
rien n'est sain dans ma chair.
Je suis anéanti, complètement brisé ;
la plainte de mon coeur éclate en hurlements.
Seigneur, voici devant toi l'ardeur de mon désir ;
mon gémissement ne t'a pas échappé.
Le coeur me bat, mes forces m'abandonnent,
la lumière de mes yeux se retire.
Mes amis reculent devant mes plaies ;
mes proches restent loin de moi.
On me tend des embûches : on en veut à ma vie ;
on trame sans cesse des perfidies ;
cherchant ma perte, on ne dit que paroles méchantes.
Moi, comme un sourd, je n'entends rien ;
je reste comme un muet, sans ouvrir la bouche.
Je fais celui qui n'entend pas,
ne trouvant rien à répliquer.
C'est en toi, Seigneur, que j'espère ;
c'est toi, mon Dieu, qui répondras.
Ils seraient trop contents de me voir tomber ;
non, vraiment, qu'ils n'aient pas ce triomphe !
Mais je suis tout près de la chute ;
ma douleur ne me laisse aucun répit.
Oui, je me reconnais coupable ;
je suis terrifié de mon péché.
Qu'ils sont puissants, mes furieux adversaires,
tellement nombreux à me haïr sans cause !
Ne m'abandonne pas, Seigneur,
mon Dieu, ne reste pas loin de moi !
Seigneur, vite à mon aide,
ô mon Dieu, toi mon salut !
Psaume 38
J'avais décidé de rester sur mes gardes ;
je ne voulais pas pécher par ma langue.
Je voulais garder à la bouche un bâillon,
tant que j'avais devant moi des impies.
Je suis resté muet, dans un complet silence ;
mais à quoi bon ? *
Ma douleur n'a fait que s'aviver.
Mon coeur flambait en moi ;
plus je réfléchissais, plus ce feu me brûlait ; *
je n'ai pu retenir ma langue de parler.
Indique-moi le moment de ma fin :
quel est le compte de mes jours ? *
Que je voie combien je suis fragile !
Une poignée de jours, voilà ce que tu donnes !
Devant toi, ma durée n'est rien. *
Même dans sa force, l'homme n'est qu'un souffle.
Oui, l'homme passe comme l'ombre ;
rien qu'un souffle, les biens qu'il amasse ; *
il ne sait même pas qui va en profiter.
Alors, Seigneur, que puis-je espérer ?
Vers toi se tourne mon attente.
Délivre-moi du poids de mes fautes !
Ne m'expose pas aux sarcasmes des sots !
Je vais me taire, ne plus ouvrir la bouche,
puisqu' aussi bien, c'est toi qui as tout fait.
Eloigne de moi tes coups !
Sous ta main, me voilà terrassé !
Veux-tu corriger l'homme en punissant ses torts ?
tu ronges, comme un ver, l'intime de son être. *
Oui, l'homme n'est qu'un souffle.
Ecoute ma prière,
prête l'oreille à mes cris, *
ne reste pas insensible à mes larmes !
Car, en ton domaine, je suis ton hôte,
étranger de passage, comme étaient mes pères.
Détourne de moi ton regard,
laisse-moi un peu de répit, *
que je m'en aille et ne sois plus !
Psaume 39
J'avais mis tout mon espoir dans le Seigneur :
il s'est penché vers moi, il écouta mon cri.
Il m'a tiré du gouffre où je sombrais,
de la fosse remplie de boue.
Il m'a remis d'aplomb sur le rocher ;
il affermit mes pas.
C'est un chant nouveau qu'il m'inspire,
un chant de louange à notre Dieu.
Beaucoup, en me voyant, rendront hommage à Dieu ;
ils auront foi dans le Seigneur.
Heureux cet homme ! Il a fait confiance au Seigneur,
sans souci des orgueilleux égarés dans le mensonge.
Quels prodiges n'as-tu pas faits, Seigneur,
Dans tes desseins sur nous, tu es incomparable.
Je voudrais les publier, en faire le récit ;
mais il en est trop pour les énumérer.
tu ne tiens pas aux sacrifices, aux oblations ;
mais tu m'as creusé des oreilles pour t'écouter.
Les expiations, les holocaustes, tu n'entends pas les exiger ;
je viens alors en disant ; "Me voici !"
Dans le livre, il m'est prescrit de faire ta volonté ;
ô mon Dieu, je m'attache à ta loi du plus profond de mon être.
Et tu le sais, je ne retiens pas mes lèvres de parler ;
je n'ai pas gardé secrète en mon coeur ton oeuvre de justice.
J'ai dit comment tu t'es montré Dieu fidèle et sauveur ;
je publie ton amour et ta vérité dans la grande assemblée.
Et toi, Seigneur, ne retiens pas loin de moi ta tendresse ;
que ton amour et ta vérité me gardent toujours !
Car je ne compte plus les malheurs qui m'assiègent ;
ils sont plus nombreux que les cheveux de ma tête.
Mes torts retombent sur moi ;
je n'y vois plus rien et le coeur me manque.
Seigneur, à mon secours !
O mon Dieu, vite à mon aide !
Honte et déshonneur sur eux tous,
tous ceux qui en veulent à ma vie !
Arrière ! Qu’ils reculent, confondus,
ceux que réjouit mon malheur !
Que la honte les force à tourner le dos,
ces gens qui me narguent !
Mais pour ceux qui te cherchent,
joie en toi, réjouissance !
Qu'ils s'écrient : « Magnifié soit le Seigneur ! »
ceux qui ont le désir de ton salut.
Pauvre et malheureux que je suis !
Seigneur, viens vite vers moi !
Tu es mon aide et mon libérateur ;
ô mon Dieu, ne tarde pas !
Lecture biblique : Sagesse 10, 1 - 11, 4
La Sagesse elle-même a veillé sur celui qui fut façonné le premier, créé seul, le père du monde ; puis elle l’arracha à sa propre faute,
02 et lui donna la force de dominer toute chose.
03 Or un homme injuste, pris de colère, se détourna d’elle et périt de cette rage fratricide ;
04 à cause de lui, la terre fut submergée par le déluge, mais la Sagesse, de nouveau, la sauva en pilotant le juste sur un simple morceau de bois.
05 Lorsque les nations, unanimes dans le mal, furent confondues, c’est elle qui reconnut le juste, le garda irréprochable devant Dieu, et assez fort pour surmonter sa tendresse envers son enfant.
06 Alors que les impies périssaient, la Sagesse délivra un homme juste, qui fuyait le feu s’abattant sur les Cinq-Villes.
07 En témoignage de leur perversité reste une terre aride et fumante, des plantes dont les fruits ne mûrissent plus, et, en mémoire d’une âme qui ne voulut pas croire, se dresse une colonne de sel.
08 Car ceux qui dédaignent la Sagesse non seulement se privent de la connaissance du vrai bien, mais laissent encore aux vivants un souvenir de leur folie, pour que leur égarement ne passe pas inaperçu.
09 Quant à ceux qui servent la Sagesse, elle les délivre de leurs épreuves.
10 Elle guida elle-même sur des sentiers droits un homme juste qui fuyait la colère de son frère : elle lui fit voir en songe le royaume de Dieu et lui donna la connaissance de réalités saintes ; elle récompensa ses efforts et multiplia le fruit de ses labeurs ;
11 elle l’assista contre la cupidité de ceux qui l’exploitaient, et le rendit riche.
12 La Sagesse l’a protégé de ses ennemis et l’a préservé de tous les pièges, elle lui a donné la victoire dans un combat redoutable ; elle lui a fait comprendre ainsi que la piété est plus puissante que tout.
13 Quand le juste eut été vendu, la Sagesse ne l’a pas abandonné : mais elle l’a arraché au péché,
14 elle est descendue avec lui au fond de sa prison, dans les chaînes elle ne l’a pas quitté, jusqu’au jour où elle lui donna le sceptre royal et le pouvoir sur ceux qui l’avaient opprimé. Elle a convaincu de mensonge ses accusateurs et lui a donné une gloire éternelle.
15 La Sagesse a délivré d’une nation d’oppresseurs le peuple saint, la race irréprochable.
16 Elle entra dans l’âme d’un serviteur du Seigneur et, par des prodiges et des signes, s’est opposée à des rois redoutables.
17 La Sagesse a récompensé les saints de leurs peines, les a conduits sur un chemin de merveilles. Le jour, elle fut pour eux un abri, et la nuit, une clarté d’étoiles.
18 Elle leur fit traverser la mer Rouge et franchir les eaux profondes.
19 Elle noya leurs ennemis, et les vomit du fond de l’abîme.
20 Alors les justes ont dépouillé les impies : ils ont clamé, Seigneur, ton saint nom, et chanté, d’un seul cœur, ta main qui les défend.
21 La Sagesse a ouvert la bouche des muets et délié la langue des tout-petits.
La Sagesse a mené à bien leur entreprise par la main d’un saint prophète :
02 ils ont traversé un désert inhabitable et planté leurs tentes en des lieux jamais foulés ;
03 ils ont résisté aux assaillants, repoussé les ennemis.
04 Quand ils souffrirent de la soif, ils t’invoquèrent, et l’eau leur fut donnée d’un roc escarpé : un remède à leur soif jaillit du rocher.
Répons
Expectans expectavi Dominum et intendit mihi
V/ Et exaudivit preces meas.
V/ Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.
R/ J'ai attendu le Seigneur et il m'a entendu
V/ Il a entendu mes prières
V/ Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit
2ème nocturne
Psaume 40
Heureux qui s’intéresse aux pauvres gens !
Le Seigneur le délivre aux jours du malheur.
Il le protège et lui donne la vie,
pour qu’il soit heureux sur la terre ;
il ne le livre pas à la fureur des adversaires.
Le Seigneur le soutient sur son lit de douleur ;
dans la maladie, tu le relèves de sa faiblesse.
Aussi ai-je dit : « Pitié, Seigneur !
Guéris-moi ! J’ai péché contre toi. »
Mes ennemis tiennent des propos malveillants :
« Quand va-t-il mourir et son nom disparaître ? »
Si quelqu’un vient me voir, il parle en hypocrite ;
il prépare des méchancetés qu’il ira débiter dehors.
Sur moi, mes ennemis vont chuchoter ensemble ;
ils voudraient exploiter contre moi mon malheur.
« C’est un mal pernicieux qui le mine ;
le voilà couché pour ne jamais se relever. »
Mon meilleur ami se lève contre moi ;
lui sur qui je comptais, qui partageait mon pain.
Mais toi, Seigneur, aie pitié de moi ! Relève-moi !
Que je règle leur compte à ces gens !
Que mon ennemi ne chante plus victoire !
A cela, je saurai combien tu tiens à moi.
Oui, dans mon innocence, j’aurai ton soutien,
et tu m’établiras pour toujours devant toi.
Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
depuis toujours et pour toujours ! Amen ! Amen !
Psaume 43
Seigneur, nous l'avons entendu de nos oreilles ;
nos pères nous ont raconté :
les hauts faits que tu as accomplis de leur temps,
au temps jadis, toi, par ta main.
Pour qu'ils s'implantent, tu as exploité des nations ;
pour qu'ils se développent, tu malmenais des peuples.
Ni leur épée ne conquit le pays,
ni leur bras ne remporta les victoires ;
mais ce fut ta droite, et la force de ton bras ;
dans la lumière de ta face, tu leur accordais ta faveur.
C'est toi qui décrétais les victoires de Jacob,
ô mon roi et mon Dieu !
Par toi, nous renversions nos adversaires ;
par ton Nom, nous écrasions nos agresseurs.
Je ne mets pas ma confiance en mon arc ;
ce n'est pas mon épée qui me rendra vainqueur ;
mais c'est toi qui nous fis vaincre nos adversaires,
toi qui couvris nos ennemis de honte.
En Dieu, nous pouvions sans cesse nous glorifier ;
ton Nom, nous voulions toujours le célébrer.
Mais maintenant, tu nous rejettes et tu nous déshonores ;
tu ne t'avances plus avec nos armées.
Tu nous laisses reculer devant l'adversaire,
et nos ennemis s'emparent de nos dépouilles.
Tu nous livres comme un bétail de boucherie ;
tu nous disperses parmi les nations.
Tu vends ton peuple à vil prix,
sans rien gagner à ce marché.
Tu nous exposes aux insultes de nos voisins,
aux moqueries de notre entourage.
Tu fais de nous la fable des nations ;
on en hoche la tête parmi les peuples ;
Je suis obsédé par mon déshonneur ;
la rougeur de la honte me couvre le visage,
sous les clameurs d'insulte et de mépris,
sous les regards de haine et de vengeance.
Tous ces maux nous arrivent sans que nous t'ayons oublié,
sans que nous ayons trahi ton alliance.
Notre coeur ne s'était pas repris ;
jamais nos pas n'avaient dévié de ton sentier.
Et tu nous as broyés ! Nous voici entourés de chacals !
Et tu étends sur nous les ombres de la mort !
Si nous avions oublié le Nom de notre Dieu,
si nous avions tendu les mains vers un Dieu étranger...
Le Seigneur ne l'aurait-il pas découvert,
lui qui connaît le secret des coeurs ?
C'est pour toi que nous subissons massacres sur massacres ;
on nous traite en bétail livré à l'abattoir.
Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Lève-toi ! Ne nous rejette pas toujours !
Pourquoi nous cacher ton visage ?
Pourquoi donc oublier notre misère et notre détresse ?
Nous voilà prostrés dans la poussière,
le ventre collé à la terre !
Dresse-toi ! Viens à notre aide !
Délivre-nous, au nom de ton amour !
Lecture patristique :
SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM
DEUX ASPECTS DE LA FOI
Tu as beau te dire un croyant, tu ne fais que commencer. Il te faut dire avec les apôtres : "Seigneur, augmente notre Foi", car quelque chose de cette Foi t’appartient, mais ce que tu en reçois du Seigneur est immense.
Le mot "foi" est en effet unique en tant que vocable, mais il a une double signification. Il y a en effet un aspect de la Foi qui est dogmatique et qui concerne l’assentiment de l’âme sur telle vérité donnée. Cet aspect de la Foi est profitable à l’âme, ainsi que le dit le Seigneur : "Celui qui écoute mes paroles et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle et il échappe au jugement", et encore : "Celui qui croit dans le Fils n’est pas jugé, mais il est passé de la mort à la vie". Ô grandeur de l’amour de Dieu pour les hommes ! Les justes, en effet, ont plu à Dieu durant nombre d’années. Or ce que ceux-ci ont acquis en plaisant à Dieu par de longues années de loyaux services, Jésus t’en favorise maintenant en un instant. Car si tu crois que Jésus Christ est le Seigneur et que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé et tu seras placé dans le paradis par celui qui y a introduit le larron. Et ne doute pas que ce soit possible, car celui qui, sur le saint Calvaire, a sauvé le larron devenu soudain croyant, celui-là même te sauvera lorsque tu auras cru.
Il y a un second aspect de la Foi : c’est la Foi qui nous est donnée par le Christ comme un charisme, car à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse, à un autre une parole de science selon le même Esprit, à un autre la Foi dans le même Esprit, à un autre le charisme de guérir. Cette Foi, celle qui nous est donnée comme une grâce par l’Esprit Saint, n’est donc pas seulement la Foi dogmatique, mais elle a la puissance de réaliser ce qui dépasse les forces humaines. Celui qui possède cette Foi dira à cette montagne : "Déplace-toi d’ici à là-bas, et elle se déplacera". Car lorsque quelqu’un prononce cette parole avec Foi, en croyant qu’elle va s’accomplir, et sans hésitation intérieure, il reçoit alors la grâce de la voir réalisée. C’est de cette Foi qu’il est dit : "Si vous aviez de la Foi gros comme un grain de moutarde" … De même, en effet, que le grain de moutarde est de petite dimension, mais recèle une énergie de feu et que, semence minuscule, il se développe au point d’étendre au loin ses branches et de pouvoir même abriter les oiseaux, ainsi la Foi accomplit dans l’âme les plus grands exploits en un clin d’œil.
Quand elle est éclairée par sa Foi dans le Christ, l’âme se représente Dieu et le contemple autant qu’il est possible de le faire. Elle embrasse alors les confins de l’univers, et avant même la fin de ce monde, elle voit déjà le jugement de celui-ci, ainsi que la juste rétribution annoncée par les Évangiles. Aie donc, pour ce qui dépend de toi, cette Foi en Jésus Christ, afin de recevoir de lui celle qui accomplit des œuvres qui dépassent l’homme.
Catéchèse baptismale 5, 10-11
Oraison
Dieu de puissance et de miséricorde, +
c’est ta grâce qui donne à tes fidèles
de pouvoir dignement te servir ; *
nous t’en prions : accorde-nous
de courir sans que rien ne nous arrête /
vers les biens que tu promets.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, +
qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, /
Dieu, pour les siècles des siècles.
Conclusion de l’Heure
Bénissons le Seigneur
Nous rendons grâce à Dieu